Der Freund

Micha Lewinsky

Micha Lewinsky est né en 1972 à Kassel en Allemagne et il a grandi en Suisse. Après son baccalauréat, il a étudié durant plusieurs semestres la filmologie et la psychologie. Il a travaillé en tant que journaliste et rédacteur indépendant, ainsi qu'organisateur culturel et musicien. Depuis 2000, Micha Lewinsky travaille en qualité de scénariste et réalisateur.

Interview

Comment est-ce que l'idée du film DER FREUND est-elle née ?

Lors de mon premier jour au gymnase, j'ai vu le nom d'une jeune fille sur la liste de classe. Mais elle n'est jamais venue. Plus tard, nous avons appris qu'elle était décédée. Et je me suis demandé longtemps qui elle avait bien pu être ? J'ai beaucoup pensé à elle, surtout parce que je ne savais rien d'elle. Cette jeune fille était alors un mur de projection pur, blanc et ainsi parfait pour donner cours aux fantasmes romantiques d'un adolescent. Et c'est ceci dont je me suis souvenu. Puis suivèrent trois années d'élaboration du scénario. Il ne reste pas grand chose de l'idée de base dans le film. Tout au plus un sentiment de nostalgie.

Vous êtes l'auteur du film à succès STERNENBERG. Dans votre dernier film, vous avez aussi, pour la première fois, assuré la réalisation d'un long métrage. Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce nouveau rôle ?

L'écriture de scénarios est une activité solitaire. Il y avait déjà longtemps que j'avais envie de réaliser moi-même un film. C'est un travail commun avec d'autres personnes. Lors de la réalisation, toutes les composantes se rejoignent. Ce que j'aime : raconter des histoires, jouer avez les autres, organiser, la musique joue également un rôle important. Je n'avais encore jamais ressenti ce sentiment si fortement de faire quelque chose de juste que lorsque je me suis lancé dans la réalisation.

Au centre de l'histoire se trouve Emil, un jeune homme timide, qui devient veuf pratiquement d'une heure à l'autre, bien qu'il n'ait encore jamais eu de petite amie. En quelle mesure vous sentez-vous en osmose avec Emil ?

Je crois qu'en chacun de nous se cache un petit Emil. Un qui n'ose rien risquer dans la vie, qui réfléchit trop et n'agit pas assez. Un qui s'imagine dans tous les détails comment cela serait de gravir une grande montagne, et qui n'arrive pas à trouver le courage d'affronter la prochaine colline.

Dans les rôles principaux on trouve Philippe Graber (Emil) et Johanna Bantzer (Nora). Comment avez-vous fait votre choix ?

J'avais déjà travaillé avec Johanna Bantzer dans mon court métrage HERR GOLDSTEIN. C'est une merveilleuse actrice et une bonne amie. Dès le début, elle était mon premier choix pour ce rôle. J'ai trouvé Philippe Graber après un long casting. Et j'en suis très content. C'est une véritable découverte. Je suis sûr qu'on le verra encore dans beaucoup de films.

Le musique joue un rôle important dans votre dernier film. Quelles en sont les raisons ?

Je fais moi-même de la musique depuis de nombreuses années. La musique est importante pour moi et j'aime les films qui ont une bonne bande annonce. La musique a le don de faire naître des émotions immédiatement. Et c'est aussi ce que j'aimerais aussi arriver à provoquer avec ce film.

A l'époque, vous vous êtes produit dans le club de musique Helsinki, club qui joue un rôle important dans votre film. Regrettez-vous ces spectacles ?

Je joue encore avec des groupes. Et j'espère que tôt ou tard une soirée sera inscrite au programme du Helsinki.

Vous vouliez absolument engager la musicienne Emilie Welti (Larissa) pour votre film. Pouquoi ?

Emilie est une excellente chanteuse, une musicienne hors pair. C'est un grand honneur qu'elle participe au film. Je ne suis pas le seul à être un fan d'elle. En tant que Sophie Hunger elle enchante aujourd'hui déjà la moitié de l'Europe.

Le film est de temps en temps très triste ou du moins mélancolique, mais il comporte aussi beaucoup de moments drôles et heureux. DER FREUND est-il alors une tragédie ou une tragicomédie ou alors un film familial d'un autre genre ?

Je voulais faire un film qui est à la fois triste et drôle. Dans la vie, il arrive souvent que les moments les plus tristes arrivent exactement dans un moment de bonheur absolu. Et les moments les plus drôles lorsqu'en fait il n'y a aucune raison de rire.

Comment avez-vous vécu le tournage ?

Pour moi, le tournage fut comme une fête d'enfant longue et fastidieuse. Il va de soi qu'il a fallu faire preuve d'une extrême concentration durant cinq semaines. Nous étions livrés au froid, aux horaires, aux contraintes de budget. Mais, en même temps, je n'ai cessé de recevoir des cadeaux: de merveilleuses performances artistiques, des images, des costumes, des décors de rêve. Il m'arrivait souvent de rester là et de savourer tout cela, tout simplement.